Sortir de l’inventaire et dessiner des priorités pour devenir crédible
Le projet socialiste tel qu’il est soumis à approbation des militants et des fédérations révèle un problème de fond qui fait écho à l’orientation générale du parti suivi depuis plusieurs années. Il fait fi des réalités économiques, de la faisabilité pratique des mesures annoncées. C’est le choix acté par Chloé Ridel et ses équipes lorsqu’il est affirmé qu’il faudrait « dépasser la social-démocratie » pour en revenir à une radicalité originelle, indépendamment de l’exercice du pouvoir et des contraintes avec lesquelles il faut nécessairement composer. Les 8 pages de la partie éducation -p75 à 82 – n’échappent nullement à ce travers. Sont listés un horizon à atteindre et des marqueurs idéologiques que l’on peut partager pour l’essentiel mais sans jamais fournir de mode d’emploi et surtout sans jamais remettre en question un système parvenu à bout de souffle. Or, s’il s’agit d’en revenir aux fondamentaux, l’histoire du socialisme se conjugue surtout avec le mouvement plutôt qu’avec la préservation du statu quo, surtout lorsqu’il est devenu inefficient, coûteux et que se dessinent des convergences européennes dont il est absent. Cette contribution n’a donc d’autre objet que de repartir de ces propositions pour en souligner les insuffisances, soulever les questions qui fâchent et qui ne sont pas abordées alors qu’elles sont centrales et définir quelques éléments alternatifs.
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Ce qui est proposé dans la contribution et qui existe déjà :
« L’usage raisonné du téléphone portable dans les établissements scolaires et les interdire dans les classes ». Portable en pause entrera en vigueur à la rentrée de septembre 2026 dans les lycées, en complément des collèges où ils sont déjà interdits. Le problème n’est donc pas de décréter ce qui est déjà fait par d’autres mais de s’interroger sur la faisabilité alors que l’usage du numérique fait désormais partie intégrante des apprentissages. Que les smartphones soient devenus une terrible addiction et un lieu de concentration de la bêtise n’annulent en rien que bon nombre de pédagogues utilisent les smartphones pour des évaluations, des kahoot, des recherches dans le cadre de travaux dans les salles de classes au lycée parce que c’est pratique et rapide. Il faut donc saluer les décisions prises sur ce point, et laisser aux établissements, dans le cadre des règlements intérieurs, la latitude pour aboutir à des aménagements pédagogiques pouvant permettre l’utilisation des smartphones.
Repenser le « temps de l’enfant dans sa globalité » incluant l’organisation du temps scolaire quotidien, hebdomadaire et annuel. La convention citoyenne sur les temps de l’enfant a produit l’an dernier des travaux d’une excellente qualité, aussitôt enterrés par une coalition du refus allant des organisations syndicales jusqu’aux professionnels du sport d’hiver parce que les propositions retenues bouleversaient effectivement le temps social. A ma connaissance, c’était pourtant la seule tentative d’organisation du temps mettant au cœur des préoccupations, l’enfant. A l’heure de l’explosion des questions de santé mentale, de précocité des tentatives de suicide et d’un mal être qui touchent des pans entiers de notre jeunesse, ces propositions dont on aurait pu s’inspirer pour tout ou partie, n’ont pas été retenues. C’est d’autant plus regrettable pour des socialistes se réclamant des exercices de « démocratie participative ». Parmi ces propositions, la diminution de la journée de cours, l’organisation sportive et culturelle l’après-midi avec le secteur Jeunesse et Sport notamment, la fin d’une pause estivale de 2 mois -en pratique près de 3 – et le recul de l’heure de début de journée étaient des préconisations consécutives à l’audition de pédopsychiatres, de neurologues, de chrono biologistes…et d’un débat citoyen entre 160 personnes tirées au sort. Il impliquait naturellement un bouleversement des habitudes, une révolution des mentalités et une priorité absolue dans le cadre d’un contrat de gouvernement mais n’est-ce pas le rôle des socialistes aussi que de montrer la voie plutôt que de se contenter d’enregistrer et d’accompagner le cortège funèbre de ce ministère ?
Dans la lutte contre le harcèlement scolaire, la mise en place d’un « protocole national spécifique en cas de diffusion d’images intimes impliquant un élève (signalement, retrait immédiat, accompagnement psychologique…) » existe déjà en grande partie. Dans l’académie de Montpellier, une expérimentation avec la plate-forme 30 18 permet depuis peu un signalement de la part du Service de Défense et de Sécurité du ministère afin de faire retirer ce type de contenus en moins de 4h. Mais là encore, attention aux contraintes techniques et à l’effet d’annonce. Mieux vaudrait hausser le ton avec les hébergeurs d’un certain nombre de plateformes sans foi ni loi et le faire au niveau européen pour bénéficier d’un effet levier plutôt que d’aborder la question sous l’angle de la seule protection des mineurs. Le ministère de l’éducation nationale, seul, n’est pas en mesure d’imposer sa politique de protection de ses quelques 11 millions d’enfants et 800 000 enseignants, sans relai. Quant à la mise en place des conseils « Elèves – Adultes » sur le climat scolaire, il existe déjà de très nombreuses structures avec le protocole pHare où la formation d’élèves ambassadeurs au sein des EPLE. Mieux vaudrait approfondir l’existant que de créer un énième comité Théodule à l’heure où le monde enseignant réclame du temps pour pouvoir enseigner sans porter à lui-seul les maux qui accablent la société et se retrouvent tous à l’école.
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Les incroyables manques :
Il faut presque se pincer pour y croire mais la question de la laïcité n’apparaît pas une seule fois en matière de proposition pratique. Chacun le constate pourtant, la laïcité est mise à mal non seulement par la coalition des intégristes dont la phalange avancée est islamiste mais également par une absence de formation théorique et pratique des jeunes enseignants, davantage portés par une approche anglo-saxonne sur la question. Si nous ne voulons pas perdre idéologiquement sur ce combat, si nous sommes convaincus de la nécessité de la sanctuarisation de l’école à l’écart des superstitions et des croyances, alors il faut insister et soutenir ce cadre comme le fait la municipalité de Montpellier. Il faut engager une politique de défense pied à pied contre l’ingérence des religieux dans l’école de la république, en s’appuyant sur les équipes Valeurs de la République mises en place dans les académies, renforcer la formation laïcité des enseignants qui n’est pas l’apanage des professeurs d’histoire, réaffirmer plus fort la science, l’enseignements EVARS et la mixité non négociable des activités sportives dans les clubs et la neutralité des tenues indépendamment su sexe au nom de notre universalité commune.
Pas un mot non plus sur la place de l’enseignement privé, confessionnel ou pas, après la dernière sinistre affaire en date au fort écho médiatique que fut Bétharram et la commission parlementaire Spillebout – Vannier. L’enseignement privé concentre pratiquement 1 élève sur 5 dans le pays et parfois davantage dans les régions où l’héritage catholique est plus prégnant comme en Bretagne. L’absence de tout cahier des charges à la mixité sociale mériterait certainement que l’on s’y arrête au regard des contributions publiques reçues de la part des collectivités. Dans l’académie de Montpellier, l’Indice de Positionnement Social (IPS) de nombre d’écoles privées frôle les 130 tandis que les quartiers les plus défavorisés de Montpellier, Nîmes ou Perpignan peinent à atteindre les 82 pour une moyenne nationale établie à 103. Les socialistes n’ont -ils plus rien à dire et proposer sur ce point, depuis la défaite idéologique de la réforme Savary de 1983 ? Le droit à l’école privée pour un certain nombre de familles dans des zones effectivement défigurées par la misère sociale et l’économie parallèle ravageant l’école, peut-il être durablement sans la moindre contrepartie pour ceux qui se réclament du contrat social et proclament dans ce même programme la nécessité de « refaire du commun » ? Même le gouvernement britannique de Keir Starmer, bien mal mené, s’était attaqué à la question, bien loin de l’approche de « rupture » revendiqué par ce préprojet.
La déferlante réactionnaire se traduisant par la scolarisation d’enfants dans des EPHC – Etablissements publics hors contrat – ou la volonté d’IEF -Instructions en Famille – mériteraient pour le coup des moyens de contrôles renforcés au nom des droits de l’enfant rappelés dans le projet.
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Les bêtises :
« Abroger Parcoursup pour recréer un processus transparent et démocratique d’accès à l’enseignement supérieur ». L’enfer est souvent pavé d’excellentes intentions. Que Parcousrup génère du stress parmi les lycéens, étudiants et au sein de leur famille est incontestable. Mais les questions qui fâchent ne sauraient être évacuées pour autant. Une sélection est-elle nécessaire sur la base des résultats obtenus pour s’orienter vers certaines filières ? Oui. L’abaissement quasi continu de la place des universités françaises dans les classements internationaux ne relève pas seulement comme il est indiqué, d’une sous dotation de la part des pouvoirs publics mais également d’une absence de tout filtre pour une partie des lycéens en très grandes difficultés, autorisés à s’inscrire en faculté avec un niveau parfois indigent. De nombreux pays européens procèdent à un examen d’entrée à l’entrée de l’enseignement supérieur, depuis l’Espagne jusqu’à la Grèce, il faut s’en inspirer tout en favorisant les passerelles, la formation continue, les VAE et l’école de la deuxième chance dont il faut effectivement muscler les moyens. Mais, par-dessus-tout, il faut retrouver de l’attractivité pour nos universités avec une amélioration du niveau jusqu’à la licence et en masters faute de quoi « l’enseignement supérieur privé lucratif » l’emportera effectivement sur les vestiges du système public. Dans ce cadre, l’abrogation de Parcoursup, serait une erreur. Mieux vaut travailler à l’amélioration continue de la plate-forme, l’humanisation des procédures là ou se posent des difficultés et se souvenir de ce qui existait avant ! APB -Appréciations Post Bac- n’avait rien de plus démocratique, transparent ou efficient que la plateforme actuelle si décriée. Bien au contraire, le nombre d’étudiants mal orientés ou sans filière était plus élevé en proportion que ce à quoi aboutit Parcoursup. Mieux vaudrait travailler à une exigence plus ambitieuse des lycées professionnels, des bacs professionnels et des poursuites d’études et une revalorisation de l’apprentissage que de défaire une fois encore une plate-forme dont les paramètres sont revus et améliorés d’une année sur l’autre.
« Soutenir les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) en augmentant fortement leur nombre, en réhaussant leur rémunération (…) en sécurisant leur statut afin que chaque élève dispose d’un soutien conforme à ses besoins. » Qui irait contre cet acquis de 2004 aboutissant à une école inclusive pour tous les enfants ? Personne. Mais cela n’autorise pas, une fois encore, à passer à côté du sujet. En 2004, le nombre d’AESH avoisinait les 30 000 avec un statut effectivement précaire essentiellement féminin à 90%. 22 ans plus tard, nous dépassons les 135 000 AESH -difficile donc d’écrire que rien n’a été fait – parallèlement à une explosion des demandes de prises en charge d’EBEP (Elèves à besoins éducatifs particuliers). Pour bien faire, il faudrait au bas mot, approcher les 300 000 AESH. Est-ce raisonnable ? Non, ni sur le plan financier surtout lorsque l’on veut fonctionnariser en masse -nous y reviendrons- ni même sur le plan des attentes de ces personnels, sans perspective d’amélioration et d’évolution de carrière, cantonnés à un Smic, quand bien même revu et augmenté. En réalité, la question de l’inclusion nécessite là encore de partir du réel et d’abandonner l’affichage idéologique. Les enfants qui ont le plus besoin d’accompagnements ne sont pas forcément ceux qui possèdent les notifications ad hoc. Ceux qui ont ou ont eu des enfants dans ce cas de figure, savent le parcours du combattant qu’il s’agit de franchir entre bureaucratie de l’EN et tiroir-caisse de la médecine de ville s’appuyant sur ce nouveau marché de l’inclusion. Nous arrivons donc dans une situation ubuesque où des enfants de bonne famille ne nécessitant pas d’accompagnements spécifiques bénéficient d’AESH-M (mutualisé) tandis que d’autres en grande souffrance, n’obtiennent pas d’AESH-I (individualisé) et alors que les ITEP sont pleins y compris pour des prises en charge lourdes et d’urgence comme l’autisme. Il faut remettre à plat ce système fou, qui épuise les équipes enseignantes, ne satisfait qu’à moitié les familles, et écœure une partie des AESH, considérés comme des travailleurs de seconde zone. Il n’est pas souhaitable de massifier davantage une fonction publique toujours pas refondée, d’autant que nous n’en avons nullement les moyens. Une convention de l’inclusion serait pour le coup utile, avec l’EN, ses partenaires, les associations à l’abandon qui remplissent un vide laissé par l’école sans oublier la médecine libérale, ergothérapeutes, orthophonistes très impliqués dans la prise en charge de ces enfants et de leurs familles transformées en nouveau marché. L’éducation nationale, seule, n’a pas la capacité de poursuivre l’inclusion dans de bonnes conditions à moins de mettre en péril l’ensemble de son édifice. Il faut sans doute un secrétariat dédié, et des moyens alloués spécifiques avec des délégations de service public pour continuer à progresser dans la prise en charge.
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Les deux plus gros problèmes :
Pas un mot sur le niveau des élèves qui s’est abaissé de manière presque continue depuis plus de 20 ans alors que la question est dans toutes les têtes de ceux qui y consacrent leur vie. La gauche, longtemps, n’a pas souhaité voir, considérant qu’il s’agissait d’une attaque contre le milieu enseignant qui lui fut longtemps acquis. Cette politique de l’autruche, documentée par de nombreux classements internationaux et des critères croisés, est aujourd’hui utilisée par la droite et ceux qui réclament une approche strictement comptable. C’est un échec dont nous portons une part de responsabilité. Dans ce domaine, le dédoublement des classes de CP en réseaux prioritaires puis son élargissement territorial, ont porté ses fruits avec des améliorations notables en mathématiques comme en français. Cette décision est à mettre au crédit d’Emmanuel Macron, indépendamment du reste, ce sont les faits. Preuve s’il en est qu’il est possible d’agir et d’obtenir des résultats. L’éducation comme la santé, étaient deux fleurons de la république, deux acquis démocratiques obtenus de haute lutte pour l’amélioration de la vie de tous. Il faut donc les réinventer prioritairement dans une situation comptable très dégradée en acceptant de soulever les questions qui fâchent. Avec 1 million 200 000 agents, 6e employeur civil au monde, l’éducation nationale est une machine bureaucratique qui dysfonctionne et ne remplit sa fonction qu’approximativement. Oui, comme il est indiqué dans le projet, elle « reproduit les inégalités sociales » sans contenter ses personnels dont les ruptures conventionnelles se multiplient au même titre que les démissions sèches de ses nouvelles recrues. La gauche ne peut pourchasser la « concurrence » en abandonnant l’exigence et la production d’élites républicaines qui lui font aujourd’hui cruellement défaut y compris dans ses propres organisations. C’est aussi le moyen de relever la mise à l’écart des quartiers populaires marginalisés comme le fait en pratique Karim Bouamrane maire de Saint-Ouen, en refusant le misérabilisme dans lequel ils sont enfermés, organisant la séparation sociale entre l’école des métropoles et de l’Ile de France et les banlieues et espaces ruraux périphériques. Si personne n’envisage de revenir sur le redoublement, la baisse démographique de 1.7 millions d’élèves d’ici 2035, permet d’inventer des dispositifs pour les enfants en grandes difficultés. Plutôt que d’épouser une approche mécanique du TE (taux d’encadrement) des classes avec un passage de 21.5 à 19 comme le propose le texte, mieux vaudrait travailler par territoire et aller au bout d’une décentralisation et d’une déconcentration ministérielle. Le bac, sorti de l’Empire et la centralisation formelle de la rue de Grenelle, n’ont plus de sens et ne garantissent nullement l’égalité à laquelle nous aspirons. De cela découlent une multitude de conséquences : il faut accepter de recruter des talents à l’échelon régional et départemental. De nombreux jeunes enseignants du second degré, désespèrent comparativement à leurs homologues du 1er, recrutés à l’échelle académique. C’est d’autant plus absurde que la réalité des classements, organise de fait les bonnes académies au détriment des autres et par voie de conséquence, le recours à des contractuels dont certains franchement problématiques dans des zones déjà en souffrance. Pourquoi le taire ?
La pérennisation des grilles de la fonction publique, héritage vétuste des ordonnances de 1945, ne correspond plus aux attentes des jeunes générations et est une source d’exaspération pour les enseignants les plus investis dans leur métier. La refonte du statut enseignant est indispensable, contrairement à cet assourdissant silence, venu de nos rangs. Il ne sera pas possible de revaloriser significativement une profession effectivement déconsidérée et parmi les plus mal payées des pays de l’OCDE sans aménager le statut de fonctionnaire, assigner des objectifs, envisager un système de primes qui ne peut reposer sur la seule ancienneté. Il existe une multitude de possibilités ailleurs en Europe ou ailleurs qui n’indiquent aucunement le désespoir des professeurs, contrairement à la situation française. Le mammouth, dénoncé en son temps par Claude Allègre, est une réalité, connue de tous les employés du ministère de l’éducation nationale. Il ne constitue nullement une garantie d’efficacité, de bonheur au travail et de satisfaction de rémunération, de formation, d’évolution de carrière. Il est devenu un carcan avec la collaboration active d’organisations syndicales, minoritaires dans le milieu, dont l’ossature provient d’autres générations et d’une culture politique qui correspondait à une autre époque et d’autres enjeux. Il faut donc engager la réforme et la refonte du statut, en acceptant le renforcement de la Cdisation – l’objectif à portée immédiate consiste à un recrutement mieux payé pour les nouveaux entrants en laissant le choix entre la conservation et une augmentation de salaires pour les plus anciens, en rattrapant la moyenne chiffrée de l’OCDE – le travail sur les évolutions de carrières, les passerelles vers d’autres ministères, pour augmenter drastiquement les salaires sur deux mandatures.. La baisse démographique inédite est une opportunité pour augmenter le taux d’encadrement sans que cela ne soit proportionnel, travailler par territoires, envisager l’évolution bâtimentaire dans les territoires ruraux avec l’émergence de cités scolaires.
En réalité, ce n’est qu’en améliorant sensiblement le niveau des élèves et en revalorisant un métier au cœur de la citadelle républicaine, miroir de nos réussites sociales, que nous pourrons redonner un élan collectif à l’école, à la gauche. Ce sont ces questions qui sont centrales et apparaissent périphériques dans ces 7 pages consacrées à l’école. Par confort, conformisme ou par peur de heurter les équilibres traditionnels, ce texte fait l’impasse sur tout ce qui fâche sans même évoquer le financement de mesures qui mettent de côté l’endettement public difficilement ramené à 5,1% du PIB. L’école mérite mieux, la jeunesse mérite mieux, la gauche républicaine et européenne mérite mieux. C’est la raison pour laquelle je ne participerai pas à un processus d’amendement d’un texte dont la logique d’ensemble possède une cohérence que je ne partage pas : celle d’une Nupes 2 présentée au nom des socialistes tandis que la Nupes 1 était déjà chiffrée à près de 300 milliards par bon nombre d’économistes n’appartenant pas aux mêmes écoles. Sur l’école comme sur le reste des propositions, mieux vaudrait-il une social-démocratie innovante capable de rassembler une nouvelle gauche plurielle et l’ensemble des progressistes que d’afficher des marqueurs idéologiques théoriques, compatibles avec les préceptes de J-L Mélenchon et de décevoir en conséquence en rien de temps qu’il ne faut pour le dire, faute de rapport au réel. La longue reconquête de la gauche passe avant tout par la crédibilité et un exercice de priorisation, introuvables dans ce projet.
Boris ENET (métropole de Montpellier, SF à la formation Fédé 34, personnel de direction de l’EN, chroniqueur au Libre Journal de L. Joffrin)



